14 nouvelles du métro parisien

C’est un recueil de nouvelles. C’est l’idée d’abord qui m’a intriguée. Celle, exotique pour la campagnarde que je suis, du métro parisien, de ses secrets, de ses histoires, de ses excès et celle de la promenade dans Paris, le long des rames. Le métro, c’est le voyage en train d’antan mais en moins classe. J’ai visité Paris, à peine, dans un joli bus très confortable, on m’a raconté les hôtels, le café de Flore, les Deux Magots tout ça, des trucs pour touriste. Je ne serai jamais une touriste. Nulle part. Je veux toujours comprendre, toujours saisir ce qui fait la différence, l’ordinaire et l’originalité, la grandeur et la banalité. Sinon j’y vais pas, sinon à quoi bon. C’est beau Paris. J’ai visité de beaux endroits et des endroits simples et émouvants, c’est peut-être encore plus beau. Ainsi, quand j’ai vu qu’un recueil d’histoires me proposait Paris autrement, je me suis dit, voilà, c’est pour moi. J’aime les nouvelles en plus, ça tombe bien.

J’avoue avoir mis trois ou quatre trajets avant de m’acclimater. La ligne 1, une fille du sud connaît la ligne 1, raconte l’histoire touchante d’un type qui mendie. C’est un autre regard posé sur lui, on se demande bien qui il était, avant, parce que bien sûr, y a eu un avant. Sur la ligne 2, on fait escale dans une chambre d’hôtel, une histoire de secret de famille assez touchante. Sur la 3, on m’a raconté une histoire dont je me fiche, mais bon c’est ça aussi Paris, une histoire de prix Goncourt. Comme c’est bien écrit, j’ai suivi. C’est ligne 4 que j’ai été happée. Comme quoi, faut du temps. Une histoire d’amour, rien de tragique, la banalité, rien de beau, pas un conte de fées, une sorte de fatalité sans drame.

 » Ils avaient traversé la ville après s’être embrassés dans un pub à Odéon. Il avait insisté pour qu’ils rentrent chez lui, à Château Rouge. Il neigeait. Des énormes flocons purs et parfaitement dessinés flottaient sous les lumières orange des lampadaires. Ils étaient ivres. Leurs doigts gelés, nus sous ce froid saisissant, s’étaient entremêlés et leurs corps s’étaient électrisés sous le désir. Sans cesse, ils s’étaient arrêtés pour s’embrasser follement, chacun cherchant un peu plus encore le corps de l’autre contre le sien. »

J’ai eu un coup de cœur véritable pour l’histoire au parfum simple et un peu suranné de la ligne 8 qui raconte les rendez-vous d’un petit-fils et de sa grand-mère, et surtout j’aime ce type de passage dans un livre :

 « — Alors ç’a été le trajet ? lui demanda Marcelle, qui déposait les filets de poisson dans les assiettes.
— Oui, j’ai pris la 12.
— Encore ? Mais c’est direct avec la 8 !
— Je sais, mais j’aime descendre à Porte de Versailles.
Pour Marcelle, ce n’était pas qu’une question pratique, mais avant tout une question de principe. Il faut dire que la ligne 8, c’était toute sa vie. »

« — N’oublie pas mon chéri. La ligne 8, la ligne 8 ! dit-elle avec emphase.
Elle semblait avoir perdu l’esprit, quelques minutes avant, elle était pourtant en pleine forme.
Solal se jura de prendre la ligne 8, la prochaine fois.
Marcelle ne rentra jamais chez elle. »

Je ne vais pas tout raconter. Mais cette promenade fut dans l’ensemble, un plaisir. Une mention spéciale pour la ligne 9. Et une idée. Le tome 2 à Marseille ? Que les auteurs y songent, pourquoi pas.

Astrid Monet et Ferdinand, 14 nouvelles du métro parisien, éditions Numériklivres, 4 euros 99 :

http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782897177607/14-nouvelles-du-metro-parisien

9782897177607.main

Description de l’éditeur :

Quand elle monte dans le métro parisien, Astrid Monet attend avec impatience les annonces en langues étrangères pour voyager un peu ailleurs. Ses histoires s’inspirent de ce mélange de rêve et d’urbanisme. Ferdinand a longtemps hésité entre sa carrière de footballeur professionnel et son destin politique. Aujourd’hui, il aime écrire dans le métro avant d’aller au travail. Ensemble ils vous invitent à parcourir 14 lignes de métro.

Jérémy a rendez-vous un soir avec son père qu’il n’a pas vu depuis dix ans. Quand l’hôpital l’appelle pour lui annoncer qu’il vient d’être amené dans un état grave, commence alors pour le jeune étudiant une descente aux Enfers. Un écrivain vient de réaliser le rêve de tous les auteurs : obtenir Le Prix Goncourt. Mais sa soudaine disparition le lendemain bouscule le monde de l’édition.
Le jour de son douzième anniversaire, une jeune fille apprend que sa mère vient d’être licenciée. La nuit singulière qui s’annonce sera pourtant marquée par un cadeau inattendu.
Recevoir une lettre à brûler en guise de rupture. Ne pas l’ouvrir. Jusqu’au moment inévitable… Dans ces 14 nouvelles, les destins croisés de tous les personnages se jouent au rythme frénétique du métro parisien.

Une réflexion sur “14 nouvelles du métro parisien

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