Nelly Arcan, Nancy Huston : celle qui dit non et l’autre qui dit oui

J’ai regardé la rediffusion d’une émission de télé. Nelly Arcan était une des invités. J’ai trouvé qu’on l’a maltraitée, méprisée. J’ai trouvé les gens autour arrogants, sans doute parce que par sa seule présence elle ébranlait leurs convictions, leurs habitudes ou tout simplement parce que l’arrogance fait partie du monde. J’ai lu ensuite qu’aux éditions du Seuil son éditeur était Bertrand Visage. Je me souviens de Bertrand Visage invité chez Bernard Pivot, j’étais adolescente. J’ai lu quelques phrases d’elle sur Babelio. J’ai voulu lire Nelly Arcan, bluffée par le style, la force des quelques phrases posées ici et là. Je me suis dit que je ferai une chronique, un article. Le livre pour l’article, j’ai hésité. Les titres qui l’ont hissée au rang indiscutable des écrivains, Putain, Folle, je me suis dit que si je les choisissais on se dirait que c’est un peu racoleur alors que non mais aussi je me suis dit que je voulais un livre qui l’explique, la raconte et la présente dans son habit de littérature. C’est alors que j’ai choisi Burqa de chair, avec la longue préface de Nancy Huston. Je ne veux pas parler de Nelly Arcan ou de Nancy Huston hors les livres, Internet et les éditeurs le font, je veux juste vous dire que ce recueil de textes de Nelly Arcan a fait naître des questions, je me garde d’y répondre, tout comme ces deux livres de Nancy Huston, Mosaïque de la pornographie et Reflets dans les yeux d’un homme (on reviendra sur ces deux titres-là dans un article supplémentaire) et cela m’a paru, peut-être que je me trompe mais a priori je le pense comme ça, être deux visages d’écrivains en miroir, comme un yin et un yang, comme deux opposés qui se regardent. Nancy Huston, dans sa préface qui conforte Nelly Arcan dans sa stature d’écrivain et la place également au rang des philosophes, explique qu’elle est nihiliste.

« De quelle école philosophique relève la pensée de Nelly Arcan ? La réponse est simple : de l’école nihiliste ». Elle la rapproche de Schopenhauer, concédant à sa consœur d’écriture un style plus palpitant que celui du philosophe.

Et c’est là que ma question se pose. Pourquoi un homme star du porno, égérie des marques de vêtements, vedette d’un film à sa gloire, sort victorieux d’avoir fait du sexe son gagne-pain, reste sujet d’admiration, est regardé par ses pairs, les hommes, les hommes médias, comme un copain Don Juan, alors que Nelly Arcan, escorte, pute au service du bien-être des mêmes hommes, ressort honteuse, méprisée, pourtant écrivain de grand style, mais elle, on la regarde et je l’ai vu ce type de regard dans cette émission de télé, comme si elle était sale et donc elle est jugée. Elle le dit dans le texte La robe, elle aussi décide de juger. Ce qui la met à l’inverse de Nancy Huston chez laquelle le jugement s’absente et qui pose la bienveillance de son regard également intelligent.

Je me demande aussi pourquoi quand un écrivain participe à une émission de télé on lui dit qu’il lui faut perdre son accent. Ce à quoi elle répond à juste titre un truc du genre mon accent c’est moi. Autre digression.

J’en parle en toute neutralité puisque je ne me sens pas proche de ces deux écrivains remarquables. (Oui beh oui vous savez bien, moi, c’est Duras mon grand kif). J’en parle donc en toute liberté, admiratrice de leurs belles écritures. Dans le recueil de Nelly Arcan, le texte le plus fort reste à mon sens La robe. Elle y parle de la robe de chambre qu’elle oppose au déshabillé mais au fond tout est vêtement de théâtre. Dans le texte La honte, elle avoue le malaise produit par les interprétations et le dédain, elle parle de l’émission de télé. Je pourrais citer tout La robe, tant chaque mot est fort, majestueux et d’un lyrisme qui ne veut pas être lyrique, qui vrille au ventre et vient du ventre. Arcan, c’est une écriture un peu viscérale.

« La vie est un scandale, c’est ce que je me dis tout le temps »

« Une pute, c’est un déshabillé et rien d’autre, une tenue de nudité excommuniée de tout ce qui n’est pas son corps : amour, amitié, mariage (…) C’est le contraire de la compagne, même si on prétend l’inverse dans le mot escorte. Rien n’est jamais escorté dans ce monde (…)

« La beauté comme la laideur, détonne, règne, crève les yeux, se dilate dans l’espace des yeux pour aller au-delà du visible (…) ça magnétise tout ce qui passe à la ronde. Mais la beauté ou la laideur on s’y habitue à force. On s’y soumet, jusqu’à s’en détourner »

Nelly Arcan pose sa plume critique sur sa famille, les dictats, le web, univers impitoyable de pornographie, moule qui fut le sien et dont elle s’éloigna et Nancy Huston l’entoure de mots d’amour mais aussi de mots lucides :

« ma sœur, ma semblable, ma fille, chère amie, cousine, compatriote, brillante philosophe et étonnante écrivaine (…) je ne sais où va le monde. (…) Voici ce à quoi on peut rêver et œuvrer : à faire advenir des tendresses enfouies ou inconnues »

Quant à moi, qui veut juste contribuer à ce qu’on oublie pas de lire ces plumes majestueuses comme celle d’Arcan, en écrivant son nom et trois bricoles dans un article, il ne me manquait pas grand chose pour m’avouer qu’en vérité je suis féministe. Je me pose encore un peu la question et j’y viens, évidemment. Je crois aussi, du moins là, maintenant, que les mots seuls ne sont pas soigneurs, ils ne suffisent pas et sans doute faut-il aussi pour aller autrement changer son point de vue. Somme toute, tout est question de philosophie.

Les filles dénudées, Julie et la littérature

Alors vous me direz, parler d’un bouquin paru aux éditions du 38 chez Collection Paulette, c’est un peu faire l’article pour ses ami(e)s. Eh bien pas du tout, d’abord parce voilà longtemps que je fréquente l’espace des lettres de Julie Derussy et j’ai toujours cru et dit qu’elle a des choses intéressantes à écrire, qu’elle le fait avec beaucoup de talent, c’est un parti pris assumé, j’ai fait des pieds et des mains et des tangas pour qu’elle accepte de rejoindre l’équipe éditoriale de collection Paulette (Anita Berchenko aussi mais elle a gardé les tangas pour l’hiver, elle est comme ça notre éditrice smiley clin d’œil), bref, oubliez l’argument c’est sa copine, en matière de livres ce qui compte c’est le livre.

Vient de paraître donc chez Collection Paulette, un recueil de nouvelles intitulé Les filles dénudées, signé Julie Derussy.

9782374532172_w300

Mais à qui sont ces jolies gambettes ? Acheter ce livre sur Charmebooks

On ne présente plus Julie Derussy. Auteur de nouvelles et d’un roman parus aux éditions de La Musardine, elle signe également des histoires savoureuses pour les éditions L’ivre- Books, Dominique Leroy, les éditions du 38… Elle est directrice littéraire au 38 et chez L’ivre-Books.

Elle commet quelques effronteries littéraires en compagnie de la délicieuse Clarissa Rivière, comme par exemple :

image

Si Julie est dotée d’une plume coquine et néanmoins coquette, elle goûte également à d’autres genres comme la romance ou l’anticipation. Dans cet article je vais me concentrer néanmoins sur l’habilité stylistique de Julie qui fait œuvre de littérature quand elle manie une plume langoureuse.

Les filles dénudées sont un recueil de treize textes, une poésie pour ouvrir le bal et douze nouvelles et ces treize desserts-là donnent à voir l’univers qui anime la plume érotique de Julie Derussy. Alors vous me direz, qu’est-ce que donc cette histoire d’univers ? Ce sont les thèmes, les secrets, le point de vue de l’auteur en la matière. Léanore qui se promène au parc sans culotte et montre sa petite intimité aux canards, Léanore encore qui se baigne nue, vite rejointe par une mystérieuse amante, Gazelle qui vient de divorcer et part en voyage oriental sur les conseils de sa meilleure amie, Aline. Oui pause : Aline est aussi un personnage d’histoires et elle va d’auteur en auteur, chez Yannis Z, Galan Dorgia, Gilles Milo-Vacéri, Julie Derussy… profiter de mille choses affriolantes. Dans Gazelle, la protagoniste lui envoie des photos, messages… Bref, sacrée Aline, t’en perds pas une, hein. Parmi les nouvelles du recueil, certains ont déjà eu leur succès dans les collectifs Paulette. Ma préférence va aux Aventures érotiques de l’anneau, tout à la fois romanesque et délectable. Dans le monde littéraire de Julie, une enseignante qui fait un bel effet sur un étudiant et lui offre une domina sur mesure mais aussi un rêve d’une tension rare (vous y retrouverez les souliers noirs de la couverture), un barbe-bleu dérangeant des temps modernes qui répond au doux prénom de Raphaël et j’ai retrouvé avec beaucoup d’émotion cette nouvelle sulfureuse intitulée Paulina dans le miroir.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à un autre auteur et à un autre recueil : Anna Galore et J’ai treize envies, parce que la langue et les mots ont ce satin ressemblant, bien sûr les nouvelles sont absolument différentes et c’est bien normal.

Voilà, c’est ça Julie Derussy, cet univers dans lequel évoluent Les filles dénudées, un concept de liberté très pauletien, liberté de ton, de parole, liberté de gestes et de choix des thèmes qu’elle a envie d’aborder, un bonheur dans les plaisirs minuscules, ne pas porter de culotte sous sa jupe pour se souvenir de tout ce qui précède au plaisir mais aussi un style, une écriture tout en finesse.

Vous reviendrez la semaine prochaine. Même jour, même heure. Révisez-bien, cette fois-ci.

Qu’il était beau, quand il souriait.

Pour finir, je n’ai pas pu m’empêcher de lui poser deux questions.

Eh Juju, aboule ton… Coucou Julie Derussy !

Moi : Peux-tu nous raconter ton actualité ?

Julie : En ce moment, je nage en pleine féerie. Nous venons de publier, avec Clarissa, deux récits érotiques reprenant les légendes de Merlin, Viviane, Guenièvre et Lancelot, aux éditions Dominique Leroy. Par ailleurs je serai les 10 et 11 décembre au salon des fées d’Arverne.

Moi : Des projets pour 2017 ?

Julie : Ce sera pour moi l’année de la romance : j’ai écrit un roman sentimental qui devrait être publié au printemps prochain. Il y aura aussi un roman de ma petite sœur, Pauline Derussy, et toute une série de récits romantiques et ardents à venir !

Merci Julie Derussy pour ce tour d’horizon.

Le prix de la nouvelle érotique

Oyez oyez everybody (need somebody), oui je chantonne ! Alors petit rappel pour ceux et celles qui hésitent encore. Cela concerne le Prix de la Nouvelle érotique 2016. Pour participer au PNE, suffit d’envoyer un mail à :

leprixdelanouvelleerotique@lesavocatsdudiable.com

Dans le corps du mail on écrit son nom, son prénom, son pseudo, on met un peu sa bio et aussi sa biblio. Oui, la seule condition est d’avoir déjà été publié. L’inscription est gratuite, le lauréat ou la lauréate aura 3000 euros et un séjour en résidence d’écriture en Camargue. Et puis les nouvelles les mieux classées seront publiées dans un recueil. Pour tout savoir tu vas là :

Et c’est avant le 23/10, alors tu fais pas ta chochotte et tu vas réserver ta place pour la soirée, tu verras c’est sympa et si tu gagnes rien, t’auras écrit une nouvelle c’est jamais inutile !

14502856_1285370264863630_2769053016476728818_n
Pour s’inscrire au PRIX DE LA NOUVELLE ÉROTIQUE, il suffit d’envoyer vos nom, prénom, pseudo éventuel, bio et biblio à l’adresse suivante
LESAVOCATSDUDIABLE.TUMBLR.COM

Collection Paulette

En attendant les récompenses littéraires et même pendant, la littérature érotique n’a pas à rougir de ses auteurs et Collection Paulette vous offre un catalogue de choix au sein des Editions du 38 :

Collection Paulette : http://www.editionsdu38.com/catalogue/erotisme-collection-paulette/

Sans oublier tous nos autres auteurs qu’il vous suffira de découvrir sur notre site. Franchement, vous serez pas déçus !

La rhétorique des femmes qui sont dans la salle (1)

staging-258624__180

Mon cher mari, mon doux, mon tendre, je t’écris depuis ce confortable théâtre, j’ai une place de choix, dans les tous premiers rangs, les fauteuils rouges sont moelleux et larges, c’est bien, parce que nous ne sommes pas toutes des modèles de minceur et si tu savais cette douceur de la matière, on croirait de l’alcantara, c’est agréable surtout que les orateurs sur scène prennent le temps, expliquent avec force détails ces choses un peu mystérieuses comme l’énervement des femmes, l’intolérance dont souvent elles font preuve, ah les ingrates, car les hommes travaillent si dur et les maîtresses ce n’est rien, d’ailleurs ils n’en ont pas, ils sont le victimes de la convoitise des femmes et là, je regarde autour de moi et j’essaie mais c’est difficile, de déterminer dans cette assemblée attentive, silencieuse, exclusivement féminine, qui sont les épouses vertueuses et qui sont les prédatrices affamées, j’avoue, je ne sais pas, je vois des femmes, elles sont assises, elles se taisent, même les jeunes, elles affichent une sorte de dignité outrée mais je crois surtout que comme moi elles espèrent être l’élue à qui on donnera la parole à la fin, celle qui va grimper sur la scène et parler et être entendue par cet auditoire, celle qui pourra s’exprimer, dire aux autres, s’adresser à ces femmes qui portent sur le visage des questions, des histoires tues, de ces histoires pas faciles mais elles épargnent au monde entier d’avoir à les porter aussi, inutile de charger la mule et l’homme sur la scène, très sûr de soi, au discours impeccablement mené, bienveillant sais-tu, convaincu de ce qu’il avance, dis que nous, qui sommes face à lui, qui faisons front, prenons des amants à l’occasion, que les hommes se gardent de reprocher, alors je scrute les visages autour, derrière, certains ont changé d’expression, on lit la contrition, comment vont-elles s’acquitter pour les fautes, les trahisons, c’est émouvant l’expression généreuse de leur affection, la façon de porter le tendre fardeau, je leur dirais bien ma colère mais je n’exprime rien, je reste en apparence indifférente puisque je veux cette place et ce micro, être entendue, être écoutée, convaincre à mon tour, défaire chaque ligne écrite et lue par l’homme qui s’adresse à ces femmes, le contredire et avancer mes arguments qui ne sont pas seulement contenus dans mon charmant petit chemisier, c’est pourquoi je ne dis pas que la femme souffre et c’est pour cela qu’elle cherche d’autres bras, parce que ça lui fait comme une escapade à la campagne ou à la fête foraine, je me contiens donc et si je gagne à la sueur de ma patience, de l’attention que j’affiche et de la douceur  que j’exprime par ma tenue, assise bien droite dans le fauteuil, les jambes décroisées, cette place sur l’estrade, j’irai convaincre, séduire, émouvoir, à l’instar de lui qui te ressemble un peu, qui ressemble à tous les maris ou presque, je l’agacerai sans doute mais ça ne fait rien car je serai en place, (…)

@alinetosca mais cette phrase évidemment est loin d’être près de son point.

 

Stéphanie Pélerin et son premier roman

Ma très chère Stéphanie,

Bien sûr tu es une amie et nous nous entendons comme larrons, mais quand il s’agit de lecture et de dire son ressenti à propos, ni l’une ni l’autre ne faisons de ronds de jambes. D’abord merci, parce que si j’ai mon nom écrit quelque part chez Fayard, c’est grâce à toi :  » A Aline Tosca sans qui… » mais oui, ça et la dédicace manuscrite, j’étais en joie. Mais, et je sais que tu me le demandes, je vais exposer ce que je pense de ce livre (bon patience les autres, je vais vous dire de quoi ça parle !) que tu as mis longtemps à m’envoyer et que j’ai lu presque d’une traite (en deux jours parce que j’avais ma vie de machines à laver en retard). Bref, je t’ai entendu le construire, suer, râler, j’étais dans tes coulisses et puis hop, je passe les détails, le voici édité, chez Fayard/Mazarine. Premier bon point pour l’éditeur, jolie couverture, bon format et souci de l’écosystème (papier à base de fibres certifiées et empreinte carbone réduite). Avec moi il te faut franchir trois gros obstacles : je suis une sale littéraire attentive à ce que d’une façon ou d’une autre on s’attache à la forme, j’aime dans toute lecture trouver une cruauté pas dramatique, eh ouais c’est compliqué ça et enfin, je ne suis pas trop branchée romance. Là tu te dis c’est râpé, elle a vraiment pas aimé. Bon d’abord, présentons le livre (et toi) :

Présentation de l’éditeur

Quand Ivana se fait larguer comme une vieille chaussette par Baptiste, après huit ans d’amour, il ne lui reste plus que ses kilos et ses rides à compter. Pas facile de se retrouver sur le marché des célibataires à la trentaine, quand, pour couronner le tout, on manque de confiance en soi.
Tentant d’ignorer son chagrin, elle décide de reprendre sa vie (et son corps) en main et s’inscrit sur « Be my boy », célèbre site de rencontres. Si l’offre est alléchante, les produits sont souvent de second choix, voire des retours de marchandise… Heureusement, il reste les amies et le bon vin.
À travers des expériences étonnantes, Ivana doit réapprendre à prendre soin d’elle. Mais rien ne sert de courir… il suffit juste d’être au bon endroit, au bon moment.

Un orteil dans la quarantaine, professeur de français en banlieue, Stéphanie Pélerin exerce un métier qui lui demande souvent autant de poigne et de tact que celui de dresseur de fauve. Depuis décembre 2008, elle tient un blog aussi éclectique qu’elle : des albums pour enfants aux romans épicés en passant par la BD, elle dévore tout ce qui se lit. Presque (jeune), presque (jolie), (de nouveau) célibataire est son premier roman.

 Biographie de l’auteur

Un orteil dans la quarantaine, professeur de français en banlieue, Stéphanie Pélerin exerce un métier qui lui demande souvent autant de poigne et de tact que celui de dresseur de fauve. Depuis décembre 2008, elle tient un blog aussi éclectique qu’elle : des albums pour enfants aux romans épicés en passant par la BD, elle dévore tout ce qui se lit. Presque (jeune), presque (jolie), (de nouveau) célibataire est son premier roman.
On zieute la couverture :
41wmjx84xgl__sx310_bo1204203200_
Et on y retourne. J’avais des craintes avant de commencer : pourvu que ce ne soit pas plat, qu’on ne voie pas les coutures, qu’elle oublie pas les ressorts, ça doit rester frais, rebondissant, qu’elle se fende de quelques formules bien placées et, ça peut surprendre de ma part, pourvu que ce soit féminin, j’avais envie d’un livre féminin.
Mon avis : 
Pour me faire aimer de la romance, faut se lever de bonne heure. Et tu réussis ce tour de force. D’abord parce que ton livre est super bien calibré. Ensuite, que veux-tu, j’y suis chez moi avec tes profs d’EPS, tes collègues de français, ta documentaliste, tes lycéens inattentifs. Un bémol toutefois, il m’a manqué davantage de tendresse face aux jeunes, un peu de ce sourire amusé qui nous pousse encore et toujours à aller leur fourguer nos enseignements, quelquefois malgré eux ! J’ai vraiment apprécié la qualité d’une écriture fluide, l’humour toujours présent et second et dernier mini bémol parce que c’est de la romance et si t’avais fait ce que je vais dire ça n’en serait plus, il m’a manqué un peu plus de cette cruauté, de ce chagrin mouché dans la jupe de la meilleure amie, de ce torrent de larmes dans le plaid du canapé et… sauf que si t’avais fait ça, ce ne serait plus Ivana la narratrice, alors on oublie. On se souvient donc que je l’ai lu en même pas deux jours au milieu du linge qui sèche et surtout, ma très chère Stéphanie, ton roman m’a donné le sourire, tout le temps, ton roman, j’en ai oublié que c’était le tien d’ailleurs, m’a embarquée dans un univers hyper frais, bénéfique, il m’a fait du bien. Alors tu diras de ma part à Ivana-Nana qu’elle a bien raison de relire Zola à longueur de temps (je fais pareil avec mes auteurs fétiches, Marguerite Duras, qu’elle m’a régalée de bons mots et surtout que je l’attends bien volontiers et presque impatiente pour le tome 2 (si ça lui dit), en tous cas, que je suis ravie de la connaître.
Et je n’y résiste pas, voici un échantillon en vrac de phrases qui me plaisent :
« Elle cocha « autre » et un petit encart s’ouvrit dans lequel elle inscrivit : « La seule personne que je doive rencontrer je ne peux la trouver sur ce site. Et cette personne, c’est moi »
 » Elle était chez elle, elle le sentait. Elle savait que la ville et ses habitants avaient mauvaise presse, on les disait superficiels, on critiquait leur étroitesse d’esprit (…) Malgré tout, elle portait cette région dans ses tripes. On pardonne tout aux terres dans lesquelles on a poussé »
T’as eu peur, hein, Stéphanie, que j’aime pas ? Alors un grand oui à ce livre et c’est pas le oui de l’amitié, c’est celui de la lectrice.
Quant à vous qui venez de lire mon article, si ce n’est déjà fait, achetez ce livre, ici sur Amazon par exemple, ou bien trépignez chez le libraire s’il ne l’a pas encore (le libraire aussi, c’est chouette) :
 https://www.amazon.fr/Presque-jeune-presque-nouveau-c%C3%A9libataire/dp/2863743651/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1476616469&sr=1-1

Entretien avec Gilles Milo-Vacéri

Bonjour Gilles, j’ai cette chance d’avoir dirigé pour Collection Paulette ton superbe roman : Les nuits de Sophia et ce n’est plus un secret, les romans de ta plume programmés aux éditions du 38 sont nombreux avec notamment pour le 15 octobre, L’affaire Aurore S..

Sophia, Aurore, qui sont ces personnages magnifiques ?
Dans mes récits, il y a toujours une part de fiction et une autre de réalité, que j’entremêle soigneusement pour mieux perdre mes lecteurs. Si la première sort tout droit de mon imagination, la seconde est puisée dans mon passé et mes expériences personnelles. D’ailleurs, en ce qui me concerne, cela ne s’arrête pas à la création des personnages, mais c’est un autre débat.
Ainsi, Sophia est une femme que j’ai croisée – sous un prénom différent bien entendu – il y a longtemps et perdue de vue. C’était une amie qui avait rencontré les mêmes soucis que l’héroïne du livre et avec qui j’ai beaucoup parlé pour la soutenir. J’aime cheminer entre vrai et faux, alors peut-être que la rédemption de Sophia ressemble à celle de mon amie d’autrefois ? En entretenant cette part de mystère sur mes livres et leurs vérités cachées, je donne aux lecteurs un immense pouvoir qui n’a pas de prix : rêver et imaginer seul ce qu’il a envie de croire.
Pour Aurore, c’est encore plus particulier et la sortie de ce thriller devrait susciter quelques réactions de surprise. Alors, un scoop pour toi ? Ce personnage n’en est pas vraiment un et elle existe bel et bien, tout est révélé dans le livre et pour l’instant, je te dirai simplement qu’il s’agit de la femme de ma vie. Pour en savoir plus, il faudra patienter jusqu’au 15 octobre.

Les éditeurs qui rêvent de t’avoir dans leurs escarcelles, et pas les moindres, sont nombreux. Pourquoi nous ?
Pour bien comprendre, cela mérite un retour en arrière. Depuis presque cinq ans, j’ai mis en place une vraie stratégie pour réussir dans l’écriture et vivre de ma plume. C’est d’ailleurs ma seule activité et crois-moi, à raison de 15 heures de travail par jour, on peut parler de réelle profession.
À mes débuts, j’ai rencontré des escrocs qui se faisaient passer pour des éditeurs, mais je ne m’en suis pas trop mal sorti en évitant le pire. J’ai eu la chance d’entrer dans l’écurie Harlequin HQN et c’est là que j’ai appris toutes les techniques de l’écriture. Au passage, il faut arrêter de rêver, écrire est un métier et le talent, quel qu’il soit, ne suffit pas. Je savais raconter des histoires, mais… pas les rédiger (concordances de temps, point de vue, dialogues, etc.). Je leur dois beaucoup et si j’en suis là, c’est vraiment grâce à eux.
Malheureusement, si tu veux percer, tu n’as que deux possibilités qui reposent sur un facteur commun essentiel. Soit tu signes dans une grande maison, soit chez un éditeur moins important mais solide et sérieux, les deux reposant sur une condition sine qua non, la publication du support papier. Aujourd’hui et sans toutefois le négliger pour autant, je pense avoir fait le tour du numérique qui ne représente qu’à peine 3 % du marché. Si je veux monter une marche de plus, je ne peux plus me cantonner à cet aspect de l’édition. Pour l’instant, sans trop en révéler, disons que je suis en pourparlers avec des maisons réputées sur la place parisienne, cependant, je n’ai encore rien signé et l’espoir fait vivre !
Je développe donc mon activité aux Éditions du 38 pour différentes raisons. Les premières sont professionnelles et déjà décrites plus haut. Ensuite, eh bien, c’est grâce à toi, ma chère Aline, si j’ai connu cette maison. Il y a Anita, la directrice, avec qui j’ai noué une solide amitié et une saine complicité. Ma venue repose donc sur le sérieux du 38, son organisation (soumission des projets, décisions rapides, ligne éditoriale en adéquation avec mes écrits, editing, distribution / diffusion, publication papier, etc.) et sur un attrait humain qui chez moi, reste essentiel et primordial. Pour mieux cerner le débat, j’avais besoin d’une maison d’édition sérieuse, dans laquelle je pouvais avoir confiance et me sentir à l’aise, d’autant plus qu’un auteur doit être soutenu par son éditeur. Je parle de la promotion des titres, des lancements, de l’accompagnement du projet et même pour un détail qui pourrait paraître saugrenu, mais l’attrait des premières de couverture qui engendre partiellement le succès d’un titre. Eh oui, ce petit rien est crucial pour les ventes !

Dans Les nuits de Sophia, tu explores un monde qui est proche du pornographique, pourtant, l’histoire, la psychologie, sont bien présentes. Quel est donc ce secret d’écriture qui te rend si adroit et si sensible ?
Je vais être cash, décrire une scène de sexe, c’est à la porté du premier venu, car la sexualité est un acte humain et naturel, relevant de la vie. Tout le monde sait ce que c’est, enfin normalement. Si tu veux faire la différence, tu dois agrémenter les scènes en apportant un scénario crédible, en retirant la vulgarité qui ne sert à rien et en écrivant une véritable histoire.
Je fais des recherches pour mes textes érotiques, comme je peux en faire pour les romans historiques, par exemple. Je crée des personnages avec des fiches, j’ai une timeline (repères chronologiques des actions, interventions / interaction des perso., etc.), je gère le récit par chapitre via mon storyboard. Pour faire simple, j’y mets le même soin que pour un thriller ou un polar.
Ainsi, cela crée une véritable atmosphère, des personnages qui ne se résument pas à des acteurs de X avec une longueur de pénis ou une taille de soutien-gorge. Ils pensent, ils sont humains, ils vivent et ont des problèmes comme tout le monde, en étant intégrés dans un récit qui tient la route. Le sexe fait partie de la vie et intégrer cette dernière à une histoire érotique la rend plus réelle, plus crédible et facilite l’identification du lecteur au personnage.
Sophia a des soucis et c’est une rencontre qui va la faire évoluer, mais pas que sur le côté sexe. Ses raisonnements, ses pensées comme ses projets professionnels, ses habitudes de vie, tout se rejoint pour créer une femme actuelle, confrontée à des problèmes qui pourraient toucher n’importe qui. Vie moderne, travail à responsabilités, sexe, divorce…

L’affaire Aurore S. semble déjà intriguer beaucoup ton lectorat. Est-ce trahir que de penser que ce roman a déjà ta préférence parmi tes œuvres ?
Je reçois déjà quantité d’e-mails de mes lectrices fidèles me demandant des précisions sur ce roman, sa nature et pourquoi j’en parle autant. Avec ta précédente question, j’avais déjà levé un coin du voile en faisant une première divulgation.
Après pratiquement une centaine de nouvelles, une quinzaine de romans, je t’affirme que L’affaire Aurore S. est le meilleur de tous mes écrits et de très loin. C’est le premier que j’écris avec mon cœur et non en raisonnant comme auteur, ceci expliquant cela.
Allez, un deuxième scoop ? Je peux te confier que le livre fera du bruit lors de sa sortie, tout du moins dans notre petit monde littéraire. Si tu préfères, ce roman n’est pas qu’un roman et dès les quatre premières pages, la surprise sera hallucinante – et je pèse mes mots – pour le lecteur et c’est une certitude.
Alors, je fais ce qu’il faut pour qu’il bénéficie d’une plus grande audience et j’en profite pour remercier la trentaine de blogueuses qui m’accompagne sur ce lancement et la promotion du titre. Idem, sans Anita, non seulement le projet n’aurait pas vu le jour si rapidement, mais je sais qu’elle va se démener afin de le promouvoir au mieux. C’est fantastique d’être ainsi soutenu !
Je sais qu’il plaira, cela ne peut pas être autrement, non que je fasse un excès de confiance en moi, ce serait mal me connaître, mais tout simplement parce que ce thriller fera… rêver !
Tu vas alors me demander, mais comment peut-on faire rêver avec un thriller ? En inventant le nouveau genre du romantico-thriller, peut-être ? (Sourire) Rendez-vous le 15 octobre pour en savoir plus et je conclurai ainsi : La vérité dépasse souvent la fiction, c’est encore plus vrai dans L’affaire Aurore S..

Que puis-je te souhaiter de mieux ?
Si tu m’avais posé cette question il y a un an, j’aurais répondu différemment. J’aurais formulé un vœu simplement professionnel, comme de me souhaiter la réussite et de m’accomplir dans ce métier pour lequel j’ai déjà fait beaucoup de sacrifices, y compris dans ma vie privée, et consacré l’essentiel de mon temps et toute mon énergie. Ça, c’était avant et même si cette vérité d’autrefois est toujours d’actualité, elle est passée au second plan.
Aujourd’hui, si tu le permets, ma réponse aura une saveur différente et plus énigmatique. L’affaire Aurore S. sortira le 15 octobre prochain et je n’espère qu’une chose avec la publication de ce livre. Je souhaite une réaction, une seule et unique, et je ne te dirai pas laquelle ! Cela n’a rien à voir avec l’accueil de mon lectorat, les chiffres des ventes ou que sais-je encore. Non. Je n’attends qu’un truc dingue… Oui, une dinguerie, j’ose le dire, mais c’est encore une autre histoire sur laquelle je ne veux pas m’expliquer.
Alors oui, souhaite-moi, s’il te plaît, ce que je n’ai pas voulu dire et ce sera vraiment le meilleur et la plus belle chose au monde pour moi. Merci, Aline !

Merci Gilles, tellement…

Tu en parles aussi sur ton blog : Ici

Commander Les nuits de Sophia : Ici